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JEUX DE ROLES

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Les jeux de rôles : apprendre en jouant, en vivant…
Chargé de sensibiliser un groupe de bénévoles qui accompagneront des aveugles en vacances, plusieurs méthodes s’offrent à moi. Je puis leur faire un exposé sur l’œil et ses maladies, les causes de la cécité, les difficultés rencontrées par les aveugles et les attentions particulières qu’ils nécessitent. Une deuxième manière de procéder serait de nouer un bandeau sur les yeux de la moitié des moniteurs et de demander aux autres de les guider. Après un certain temps on intervertit les rôles ; suite à quoi, chacun peut exprimer ce qu’il a vécu et poser les éventuelles questions auxquelles participants et animateur répondrions.
Tel est le jeu de rôle : in-corporer une problématique, la comprendre non pas uniquement avec son cerveau mais avec ses fibres, la faire sienne et, de là, se mettre en mouvement.

Différents types de jeu de rôle

Les jeux de rôle sont utilisés dans de nombreuses situations. Ils permettent notamment de faciliter le démarrage du travail, d’apprendre de manière active, d’acquérir des connaissances techniques ou des compétences relationnelles ou encore de favoriser le développement personnel.
Le jeu de rôle permet d’explorer les rôles de parent, professionnel… tandis que le psychodrame – bien que reposant en partie sur des bases similaires – vise plutôt l’exploration de l’univers intrapsychique des participants. La frontière est parfois difficile à cerner, nous y reviendrons.

Les jeux de rôles concernent généralement:
o des situations présentes et réelles auxquelles on désire réfléchir et que l’on souhaite améliorer : notre manière d’être avec un client, dans une réunion, face à son employeur, à son conjoint.
o des situations nouvelles auxquelles on va être confronté : passer un examen, vivre dans un autre pays, se présenter à un entretien d’embauche, avoir des enfants, sortir de l’hôpital.
o des situations auxquelles les personnes que l’on côtoie sont confrontées : être analphabète, aveugle, sourd, malade, mourant…
o des situations passées sources de souffrance : une dispute familiale, le décès de quelqu’un, un divorce…
o des situations imaginaires, afin de développer la créativité : un conte de fée, une autre époque, des personnages caricaturaux…

En fonction de leurs objectifs, de nombreux jeux de rôles existent ou peuvent être construits :

Les jeux d’animation

Nous nous sommes tous ennuyés lors d’un début de séminaire où chacun se présente et exprime ses attentes. Un jeu d’animation permet de mettre rapidement les participants en train d’une manière dynamique et de leur ouvrir des portes vers plus de spontanéité et de créativité. Les membres du groupe font connaissance d’une manière ludique, ont leur intérêt éveillé, sont motivés pour le suite du travail. En choisissant un jeu, l’animateur signale d’emblée, de façon non verbale : « notre travail est en mouvement ».
Bien entendu – et c’est le cas pour tous les jeux – le choix du jeu d’animation est fonction du type de public et du niveau d’introspection nécessaire au séminaire. L’animateur veille à ne pas mettre ses participants dans une situation vécue comme puérile ou, à l’inverse, comme trop impliquante. Il va de soi que les jeux d’échauffement seront différents pour un groupe de chefs scouts, de guichetiers ou d’infirmières d’un service d’oncologie.

Les jeux pédagogiques

Ces jeux visent un apprentissage, par exemple dans le cadre d’un programme scolaire ou de formation continue. À l’école primaire, nous préférions jouer magasin plutôt que d’aller faire des additions au tableau. De même, les professeurs de langues rencontrent souvent l’inhibition quand quelqu’un doit « se lancer » dans une langue étrangère. Il pourrait inviter chacun à endosser un rôle imaginaire : entrer dans un hôtel de Barcelone, participer à un cocktail à Édimbourg ou, si le groupe s’y prête, transporter les participants à la fête du Grand Meaulne. Charge aux invités ensuite de faire connaissance et de se rencontrer en anglais ou en espagnol… Il en résulte un fameux brouhaha dans lequel chacun aura pu se risquer. Au cours du jeu ou après, l’enseignant reprendra l’un ou l’autre mot et indiquera une formulation ou une expression. Et, si nécessaire, de séance en séance, une histoire peut se construire, l’imagination est en route, une intrigue se tisse et les participants se retrouvent partie prenante d’une lutte interstellaire, d’un roman d’Agatha Christie ou de Stephen King…

Les jeux pédagogiques peuvent utiliser des techniques complémentaires : théâtrale, d’impro-mimes, de drama ainsi que des techniques scripturales, musicales ou corporelles. Il s’agit de simulation de situations imaginaires, réelles ou symboliques, de personnage ou de groupements qui peuvent être mise en scène dans de nombreux cours Ainsi, par exemple, l’élève aura joué le traité de Yalta en comprendra sans doute mieux les enjeux, il en irait de même pour la classe qui, pendant un trimestre, tenterait de mettre en scène les mécanismes économiques de la seconde moitié du XX° siècle.

Les jeux d’apprentissage professionnel

Des compétences professionnelles peuvent être acquises par jeu de rôle. Il peut s’agir de compétences techniques précises ou de compétences d’ordre relationnelles en terme individuel (une infirmière avec un patient) ou de groupe (un responsable avec son équipe).

o Souvent, les jeux de rôles visant un apprentissage technique sont complétés par un travail relationnel. En effet, dans un service après vente, ou dans un service d’aide par téléphone, il faut savoir donner une information précise (apprentissage technique) sur un ton adéquat (apprentissage relationnel). Ces jeux visent par exemple à la formation des vendeurs, guichetiers, téléphonistes, réceptionnistes, délégués médicaux…

o Les jeux d’apprentissage en relations humaines d’ordre individuel, il s’agit de sensibiliser les participants aux facteurs humains qui entrent en ligne de compte dans leur profession tels l’écoute. ou l’empathie. Ces jeux cherchent à aider le participant à être plus adéquat notamment en le rendant mieux capable de s’identifier à son public tout en gardant sa place, son rôle. Les écoutants d’un centre de prévention du suicide, des infirmières confrontées à des patients en stade terminal, des animateurs chargés d’adolescents, des médecins,… mais également des juges de la jeunesse ou gendarmes, peuvent être formés par des mises en scènes qui reprennent des situations professionnelles.

o Si ces jeux de rôles peuvent prendre place dans une formation, ils peuvent également être utilisé dans le cadre de supervision d’équipe ou d’intervision de personnes exerçant une même profession. Afin que les participants puissent se sentir libres et mettre en œuvre leur spontanéité, il est important que l’animateur ne soit pas dans une position d’évaluateur ni de supérieur hiérarchique (un directeur avec son équipe, un médecin avec les infirmières de son service, un professeur avec des stagiaires qu’il doit coter…). Dans pareils séminaires, les participants apportent des cas réels qu’ils ont rencontrés et qui leur posent problème. Ces situations sont jouées, l’animateur insistant sur le fait qu’il s’agit d’un laboratoire dans lequel les participants peuvent tenter différentes stratégies – même les plus absurdes – et que cela permet au groupe d’en évaluer les effets ou d’avoir d’autres idées ; de même, les tentatives des uns et des autres sont des brouillons qui permettent de dessiner peu à peu une esquisse qui prend sens. Dans les séminaires de supervision, l’animateur évite de mettre le participant dans son propre rôle où il risque de reproduire de manière stérile la difficulté qu’il vient d’évoquer. Par contre en le mettant à la place de son client, patient, il peut découvrir et ressentir l’effet des différentes interventions qui seront jouées par les autres participants.

o Les jeux d’apprentissage en relations humaines d’ordre groupal sont essentiellement utilisés dans des formations de conduite de réunion, prise de décision, négociation, délégation de pouvoir… Souvent ces jeux sont construit sur base de scénario relativement complexe reproduisant des situations similaires auxquelles sont confrontées chefs d’équipe, délégués syndicaux, médiateurs…

o D’autres jeux ont pour but un apprentissage d’ordre social, il s’agit notamment de sensibiliser aux différences culturelles ceux qui accueillent des réfugiés ou encore les coopérants, les casques bleus…

Les jeux de développement personnel

o Les jeux de formation et développement personnel visent à aider les participants à tester et acquérir des modes de fonctionnement qui peuvent les aider dans un cadre professionnel, social et personnel. Ainsi, par exemple apprendre à être tolérant, assertif… a autant d’utilité dans un groupe de travail, au restaurant ou dans sa famille. Ces types de jeux, proches du psychodrame s’en dégagent cependant parce qu’ils visent moins une introspection qu’un apprentissage (même si cet apprentissage peut par ailleurs renvoyer le participant à une réflexion sur lui même). Les jeux d’assertivité visent par exemple à acquérir une meilleure connaissance de soi-même, une attitude plus adéquate, une plus grande confiance en soi,…

o La technique du théatre forum qui utilise partiellement le jeu de rôle mérite d’être brièvement abordée ici dans la mesure où elle permet de travailler de manière très active avec un grand groupe. Le principe en est simple, quelques acteurs jouent caricaturalement une courte pièce : un ouvrier agricole demande une augmentation, une jeune fille propose un préservatif, un voleur est jugé… L’issue de cette première représentation n’est pas heureuse : l’augmentation est refusée, le petit ami claque la porte, le délinquant est lourdement condamné… Les spectateurs se disent « Il s’y est mal pris ; moi, je ferais comme ceci ou comme cela » L’animateur propose alors qu’ils modifient le cours de l’histoire en prenant la place de l’un ou l’autre acteur et en essayant de nouvelles interventions. Celui qui entre en scène est porté par les autres spectateurs ou une partie d’entre eux qui vivent la scène par identification. Afin de tester différentes stratégies, on rejouera l’ensemble de la pièce ou seulement une scène ou encore l’une ou l’autre variantes.

o Les jeux psychothérapeutiques visent à explorer les difficultés des participants, leur vie intrapsychique, essentiellement via le psychodrame ou l’inconscient collectif, la culture, la religion (bibliodrame)… et son influence sur le vécu du participant. En psychodrame, le participant joue des scènes de sa vie présente ou passée, un rêve ou un fantasme…

Jeu de rôle et psychodrame : prudence aux frontières

La structuration d’un jeu de rôle permet de baliser l’apprentissage et de protéger le participant. Dans un jeu de rôle où le participant est un demandeur d’emploi qui se présente auprès d’un futur employeur, l’animateur veille à ce que le cadre (se présenter à une secrétaire, frapper à la porte, attendre d’être invité à s’asseoir…) centre le participant sur son apprentissage. Il n’est pas question de mettre en place un patron qui inviterait le demandeur d’emploi à exprimer ses difficultés quotidiennes ainsi que les sentiments de découragement qui l’assaillent parfois.
Cependant dans certains cas, il n’est pas possible ni souhaitable de structurer le jeu de manière trop précise. Dans une supervision d’intervenant sociaux par exemple, il peut arriver qu’au détour d’un cas présenté (inceste, violence familiale, décès…) un participant soit pris d’une émotion relative à sa vie personnelle. Généralement dans les groupes de professionnels psychosociaux le niveau de tolérance des participants fait en sorte que cette émotion puisse avoir une place. Néanmoins, le rôle de l’animateur est de veiller à ce qu’une session centrée sur le travail ne dérive pas en pseudothérapie à la fois parce que tel n’est pas le contrat mais aussi parce que les condition d’un travail thérapeutique ne sont pas remplies. C’est pourquoi nous pensons nécessaire que les animateurs dont les jeux de rôle peuvent toucher à des situations personnelles aient eux-mêmes non seulement effectué un travail thérapeutique personnel mais également suivi une formation de psychodramatiste. Ceci est important non pas pour aller vers l’intervention thérapeutique mais au contraire pour faire face à l’émotion dans le groupe, l’accepter et la reconnaître et revenir ensuite à la situation professionnelle qui fait l’objet du travail. Les techniques de cooling off aident notamment l’animateur à permettre au participant de se recentrer sur le travail de groupe sans que son émotion n’ai été ni déniée, ni explorée.

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