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Dans les bras de morphée ou pas ?

Par

(L’insomnie)

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Introduction

Morphée est le chef des Oneiroi (divinités personnifiant les rêves) qui comme lui sont des créatures ailées. Comme un vol de chauve-souris, ils émergent chaque nuit des profondeurs de l’Erèbe (fils du vide ou Chaos primordial). Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit). Il a pour vocation d’endormir les mortels.

Hypnos, dans la mythologie grecque, est le dieu du sommeil. Il est souvent représenté sous les traits d’un jeune homme portant un croissant et une corne déversant le sommeil. Il est le fils de Nyx, déesse primordiale de la nuit et de l’Erèbe, fleuve de l‘enfer. Son frère jumeau est Thanatos, il a trois fils, Morphée, Icélus (Ikelos) Phantessus (Phantasos) :

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Dormir est aussi indispensable à l’être humain que boire et manger. C’est en effet durant le sommeil que la plupart des organes du corps se reposent des efforts de la journée. Le sommeil profond correspond à une phase du sommeil lent qui précède l’entrée dans le sommeil paradoxal. Quand le sommeil devient profond, la fréquence des ondes cérébrales diminue, de même que la température corporelle, la fréquence de la respiration et la pression artérielle. Lorsque l’individu s’endort, il entre dans le sommeil lent. D’abord léger, ce sommeil devient de plus en plus profond. Le sommeil profond se met en place 30 à 45 mn après l’endormissement. En fin de cycle, l’individu entre dans le sommeil paradoxal, puis un nouveau cycle démarre. Un cycle du sommeil dure 1 h 30 à 2 h en moyenne.

En remarque préalable au texte sur l’insomnie, j’attire l’attention sur le fait qu’il ne faut pas confondre troubles du sommeil passagers et insomnies ! D’autre part il existe aussi une peur de l’insomnie appelée Aupniaphobie !

L’insomnie

L’insomnie définit le plus souvent des problèmes de sommeil chez un individu. Le terme est créé au XVIe siècle sur la base du latin insomnia (du latin somniculus, « état de celui qui dort ») et signifie stricto sensu la privation de sommeil. Dans l’acception commune et courante, l’insomnie est la diminution de la durée habituelle du sommeil et/ou l’atteinte de la qualité du sommeil avec répercussion sur la qualité de la veille du lendemain.

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Pour Françoise Dolto, l’insomnie est un symptôme qui peut rapidement disparaître. On ne peut pas guérir en prenant des somnifères nous disait-elle. « La peur de s’endormir, c’est la peur de ce qui peut permettre de bien vivre » précise-t-elle encore. On peut assimiler le sommeil à la mort, « dans ce qu’elle a de vrai : la mort du sujet du désir ». Si une personne ne dort pas, elle n’est pas sans désir, mais sans représentation de celui-ci. S’il y a rêve, c’est que le désir revient. Trop penser empêche de dormir car on n’a pas assez agi, notamment dans l’échange avec l’autre. Les dépressifs ne dorment pas parce qu’ils ne sont pas assez « fatigués », parce qu’ils sont occupés par un imaginaire victime et non par un imaginaire qui entre dans une création.

« Pour les parents l’essentiel n’est pas que le bébé dorme mais qu’il ne crie ou qu’il ne pleure pas. Le bébé peut dormir sans qu’on s’en rende compte : il dort éveillé, les yeux ouverts. Mais il peut aussi ne pas dormir, sans déranger personne, simplement parce qu’il n’est pas anxieux d’être éveillé, à la différence du bébé qui est angoissé de l’être. Angoissé parce qu’il n’a pas assez d’occupation à sa vie symbolique. « Ils ont le désir de vivre mais ils ne savent pas par quel moyen. Il faut alors leur laisser assez de signes de vie : leur parler pour lui donner à mémoriser, les mettre dans la société dès qu’ils naissent, ne pas leur donner l’impression de les quitter quand on les couche. C’est le bruit de la vie qui les endort parce que c’est le repos d’une libido fatiguée. »[1] A ce titre je trouve l’expression suivante intéressante : « L’insomnie est une convivialité ratée entre le bébé et l’adulte ».[2] Examinons maintenant ce que nous dit Winnicott à propos de l’insomnie au travers des concepts de l’aire transitionnelle, de l’aire de l’informe et de l’activité créatrice.

L’aire transitionnelle

La « zone » de sommeil est une aire d’illusion (ou transitionnelle) a-conflictuelle, chargée de remplacer la mère et sa capacité d’apaisement. Winnicott, tentant de représenter schématiquement l’aire transitionnelle, dessine la forme d’un oreiller ! Cette aire d’illusion est chargée de remplacer la mère et sa capacité d’apaisement. La mère chante et prononce les mots qui formeront l’aire transitionnelle, le matériau de l’infantile. Le dormeur doit croire en la maîtrise de ses pulsions et en son contrôle de la régression afin d’aménager une aire transitionnelle non conflictuelle. Dans cette aire, l’individu est au repos. Le processus de l’endormissement se blottit entre le rêve et le sommeil. L’endormissement est tout à la fois abandon de soi et recentrage sur l’essentiel d’une subjectivité. La zone de l’endormissement se définit comme un temps constitutif d’un espace intérieur.

Subterfuges

A la place de l’objet transitionnel, le dormeur doit parfois faire appel à un objet contra-phobique qui protège, dans l’illusion de maîtrise effective, de l’absence réelle de la mère : la zone d’endormissement se pervertit à l’image du fétiche qui vient pallier au manque maternel. Certains ont recours à des subterfuges comme une veilleuse qui est une tentative de combler l’absence maternelle.  Cette lumière fétiche vient combler le manque de (et/ou l’absence dans) l’Autre. Elle résout l’angoisse pendant quelques nuits.  Mais parfois un tel objet ne suffit pas ou plus à supprimer l’angoisse.

L’aire de l’informe

Winnicott[3] invite à se laisser aller à rêver, de sorte que cette liberté de rêver sans but crée l’aire de l’informe, d’où une forme à soi peut se construire. L’aire de l’informe n’est pas un modèle mais un repère d’où exister. L’aire de l’informe est une condition nécessaire pour échapper à la soumission à un faux-soi et recouvrer une liberté de rêver « sans but ». Cette notion winnicottienne est à rapprocher de l’idée de W.R. Bion[4] d’une « capacité au négatif » (capacité qui équivaut non pas à faire, mais à s’abstenir de faire). C’est cette capacité au négatif qui permet à une personne « … de demeurer au sein des incertitudes, des mystères, des doutes, sans s’acharner à chercher le fait et la raison … »

Le rêve est le gardien du sommeil

Un gardien est une personne apte à maintenir, à préserver quelque chose. Le rêve est une sorte de « soupape de sécurité » permettant à l’Inconscient de s’exprimer sans perturber l’équilibre psychique de l’individu. Le rêve, cette voie royale vers l’inconscient, s’apparente à une sorte de rébus qui met en images notre quotidien. Il condense, métaphorise, déplace des éléments (ordinaires ou extraordinaires) de nos journées passées, présentes ou à venir. Un mot ou un personnage va être pris pour un autre, la partie pour le tout… travestissement qui sert souvent à atténuer la violence de nos sentiments et nous permet de rester conforme à notre règlement intérieur.

Retrouver la voie du sommeil, consisterait aussi à faire taire le brouhaha pulsionnel qui encombre d’angoisse le chemin vers le sommeil. Retrouvons ces différentes angoisses.

La peur de mourir

« Comment l’homme fait-il pour tenir sa mort à la fois pour certaine et improbable ? C’est un mystère de l’existence, de la force vitale. C’est notre aptitude à savoir que nous allons mourir tout en sachant que ce n’est vraisemblablement pas pour maintenant. Comment fais-je pour vivre alors que je sais que je vais mourir ? C’est dans cette espèce d’oxymore[5] que se joue la beauté de la vie… ».[6] Parfois l’angoisse de mourir peut nous empêcher de vivre. Du latin mors, la mort s’entend comme la fin de la vie, la cessation physique de la vie. Dans son sens médical, elle correspond à la fin des fonctions du cerveau définie par un électro-encéphalogramme plat. La peur de mourir serait plus à rapprocher d’une angoisse de vivre, de cette incapacité à vivre pleinement les évènements de son existence, incapacités liées pour certaines personnes aux difficultés ou aux traumatismes vécus dans l’enfance.

La peur de l’abandon

L’angoisse d’abandon, peut faire suite à un abandon réel mais également à une sensation de vécu abandonnique ou d’un abandon psychique (ce qui est vrai pour la personne mais n’est pas toujours en rapport avec la réalité). La peur de l’abandon peut être ressentie par suite d’un traumatisme lié à une séparation pendant l’enfance. L’angoisse de perte d’objet ou angoisse d’abandon a été repérée par Sigmund Freud. Selon lui, le nourrisson n’est pas en mesure de faire la différence entre absence temporaire ou perte durable de l’objet. René Spitz[7] a été l’un des premiers à théoriser ce type d’angoisse, à partir de l’observation d’enfants ayant été séparés précocement de leur mère et qui développaient ce qu’il appelait une dépression anaclitique[8].

L’angoisse de séparation

L’angoisse de séparation fonde notre sentiment d’identité. Lorsqu’elle est apprivoisée l’angoisse de séparation devient source d’élan de vie. Se sentir seul signifie prendre conscience qu’on est soi-même unique. La confiance implique une qualité de l’interaction pour laquelle la séparation ne constitue pas une menace, mais un défi créatif. L’absence d’autrui et les nouvelles distances dans l’interaction avec l’environnement sont une opportunité pour que le bébé développe la « capacité d’être seul » (Winnicott, 1958). Selon Winnicott, telle est l’une des conquêtes fondamentales de son processus de développement, qui est également le moyen par lequel il peut éprouver l’effet de son action sur le monde et sur soi-même, mesurant ainsi « la confiance en soi et en ce qu’il peut espérer de la vie » (1950 : 292). Apprendre à être seul en présence de l’autre c’est tout autant apprendre à être soi en présence de l’autre. La notion de solitude se met en place en même temps que s’élargissent les possibilités d’un espace intérieur. La capacité à être seul en présence de l’autre souligne cette solitude essentielle, et nécessaire, si l’on veut tenir debout, aller jusqu’au bout de ses projets, porter sa propre vie. Cette capacité à être seul en présence de l’autre – c’est-à-dire à être vraiment soi-même au cœur de la relation, sans avoir « besoin » de l’autre – conditionne la possibilité d’affronter la « vraie » solitude.

Pour davantage de précisions à propos de l’angoisse en général, je renvoie le lecteur à un article plus complet sur mon site : https://www.psychotherapie-psychodrame.be/2019/09/15/comment-ne-plus-subir-langoisse-qui-nous-affecte-effroyablement/

Activité, non activité et activité créatrice  

Winnicott rappelle qu’il convient de ménager une occasion à l’expérience de l’informe et aux pulsions créatives, motrices et sensorielles, qui sont la matière (le tissu, l’étoffe,) du jeu. Il précise aussi son concept d’espace potentiel : « Il existe une troisième aire, celle du jeu, qui s’étend jusqu’à la vie créatrice et à toute la vie culturelle de l’homme. Cette troisième aire est un espace potentiel opposé, d’une part, à la réalité psychique intérieure ou personnelle et, d’autre part, au monde existant dans lequel vit l’individu, monde qui peut être objectivement perçu. J’ai localisé cette aire importante d’expérience dans l’espace potentiel entre l’individu et l’environnement, cet espace qui, au départ, à la fois unit et sépare le bébé et la mère, quand l’amour de la mère qui se révèle et se manifeste par la communication d’un sentiment de sécurité donne, en fait, au bébé un sentiment de confiance dans le facteur de l’environnement. L’espace potentiel entre le bébé et la mère, entre l’enfant et la famille, entre l’individu et la société ou le monde, dépend de l’expérience qui conduit à la confiance. On peut le considérer comme sacré pour l’individu dans la mesure où celui-ci fait, dans cet espace même, l’expérience de la vie créatrice. C’est là que se situe l’expérience culturelle. A l’opposé, l’exploitation de cette aire peut conduire à une condition pathologique où l’individu est littéralement encombré d’éléments persécutifs dont il n’arrive pas à se débarrasser. » [9]

Certaines activités peuvent masquer le « rien faire » comme certaines peuvent être créatrices. Ne rien faire est une activité vitale. « Le vide est une nécessité pour le vif désir (« eagerness » en anglais traduit par « l’ardeur ») de croître. « Rien » en chinois se dit « wu » et se traduit par « par-delà la pensée ». Il s’agit de l’agir du rien qui permet toutes les trouvailles. « Rien », c’est ce qui dégage la vue et qui permet ainsi de voir et de trouver la solution des problèmes.

Le désir et le rien ou le rien du désir

Le désir est une tension issue d’un sentiment de manque et en ce sens on ne désire que ce dont on manque. Dans l’anorexie mentale, la demande serait masquée par le besoin qui la représente : c’est parce que la mère devancerait toujours les besoins de l’enfant, que celui-ci n’aurait plus comme seule issue pour faire reconnaître sa demande que de refuser les aliments dont il est gavé ! C’est donc dans ce RIEN que mange l’anorexique qui exprime son désir, et c’est justement pour que ce désir ne s’éteigne pas qu’elle ne se laisse pas nourrir. L’anorexique choisit l’objet nourriture pour mettre en échec sa dépendance vis-à-vis de sa mère toute puissante, en se nourrissant de rien, avec avidité. L’attitude de refus de l’anorexique et le plaisir qu’elle y prend lui servent à s’autonomiser par rapport au monde extérieur et à l’entourage, et donc à renforcer un sentiment d’existence défaillant. Le désir, c’est le désir de rien (« rien » équivaut à manque). Lacan, dans son séminaire – livre X – L’Angoisse, fait, précisément un lien entre l’angoisse et l’absence du manque :« Ne savez-vous pas que ce n’est pas la nostalgie du sein maternel qui engendre l’angoisse, mais son imminence ? Ce qui provoque l’angoisse, c’est tout ce qui nous annonce, nous permet d’entrevoir, qu’on va rentrer dans le giron. Ce n’est pas, contrairement à ce qu’on dit, le rythme ni l’alternance de la présence-absence de la mère. La preuve en est que ce jeu présence-absence, l’enfant se complaît à le renouveler. La possibilité de l’absence, c’est ça, la sécurité de la présence. Ce qu’il y a de plus angoissant pour l’enfant, c’est justement quand le rapport sur lequel il s’institue, du manque qui le fait désir, est perturbé, et il est le plus perturbé quand il n’y a pas de possibilité du manque, quand la mère est tout le temps sur son dos, et spécialement à lui torcher le cul, modèle de la demande, de la demande qui ne saurait défaillir. »[10]

C’est ce manque qui constitue le désir en lui-même, cet objet perdu pourra avoir suivant les vues plusieurs sources :

  • L’objet perdu, c’est l’intensité et le contexte de notre première satisfaction lors de l’époque fusionnelle avec la mère.
  • L’objet perdu, c’est la vie intra-utérine.

Nous pouvons même aller plus loin, en s’inspirant de « Au-delà du principe de plaisir » de Freud et dire que la pulsion de mort nous donne comme désir absolu le retour à l’état anorganique, pour lequel le désir n’existant plus, il peut être supposé comme étant alors totalement assouvi. Nous sommes, comme le disait Lacan, des êtres « être-pour-la-mort ».

Me référant à ma pratique thérapeutique avec les personnes handicapées mentales, voici ce que j’en dis du « désir de rien » : « Certaines personnes nous disent en séance : « J’ai rien à dire » ! Comme ce « rien » est intéressant ! Ce « rien à dire » est comme le manger « rien » dans l’anorexie où le désir est annihilé. Cette phrase, apparemment banale pour certains, nous révèle quelque chose à dire en fait. Il s’agit non pas de ne rien dire, mais de dire « rien ». Nous pensons au réel lacanien par rapport à quoi, sur un mode thérapeutique, nous tâcherons de chercher des signifiants, de retrouver du sens au sujet. D’où l’importance de la rencontre[11], de cette partie féconde du psychodrame qui va mobiliser à nouveau et alimenter un souffle de vie. Le désir du thérapeute, quant à lui, c’est-à-dire sa mobilisation et sa disponibilité pour l’autre provoque la demande du participant. »[12] On peut aussi mettre en place les conditions de possibilités de la rencontre, ce qui exige parfois une démarche « d’asepsie » c’est-à-dire de nettoyage des préjugés et des idéologies, ce que Jean Oury[13] appelle « l’endoxalite chronique » (de doxa : opinion, croyance), une forme de « normopathie » ou l’illusion de maîtrise.

Qu’est-ce que la rencontre ? Voici quelques mots-clés en lien avec ce que j’en dis dans mon article « Le concept de la rencontre » : Humanité, dialogue, réciprocité, responsabilité, risque, tuchéphénoménologie, champ du « pathique », aire de jeu, renversement de rôle, surplus de réalité, masque. J’invite donc le lecteur à consulter cet article sur mon site web.[14] 

Trouble du sommeil et crise de la Covid-19

Voilà plus d’une année déjà que la pandémie nous accompagne au quotidien. Nous commençons à en sortir enfin. La société, en fait, s’est déstructurée au niveau fonctionnel, ce qui a un impact très important sur le sommeil. 

« Au printemps, jusqu’à 4,6 milliards de personnes ont été confinés à leur domicile dans le monde, soit presque 60 % des habitants de la planète. De nombreux pays ont pris des mesures coercitives afin d’imposer un ralentissement de la vie sociale, dans le but d’enrayer la pandémie de Covid-19. »[15]

Les troubles du sommeil sont en augmentation pendant cette période et également lors de cette période post-pandémique. Ils sont liés à l’augmentation du stress, de la solitude, de la charge psychologique et de l’épuisement consécutif. La consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs est en hausse également.

La crise du Covid-19 a ainsi créé un stress général et le confinement nous a fait perdre nos rythmes sociaux.

L’accompagnement et la psychothérapie

La psychothérapie individuelle peut être cet espace de jeu où, dans une séance, le psychothérapeute est seul avec son patient, et où l’évocation, le rythme de sa respiration, de celle du psychothérapeute, un regard, le visage, le langage non-verbal, nous donnent la certitude d’exister. Cet espace potentiel est un espace de présence à être, de permission à accueillir ce qui arrive, en tant qu’avènement de soi-même au sein de l’événement qui survient, hors de toute attente, autre que celle du désir d’exister.  Le moment de rencontre psychothérapeutique ouvre à l’existence. Ce moment est ouvert à la parole, au dessin, à la représentation scénique, à l’hypnose, à la relaxation. Voici, à titre d’illustration un petit exercice de relaxation :

 « Ne faites RIEN. Vous n’avez pas d’effort à faire pour vous détendre…Il n’y a Rien de particulier à devoir faire. Être là simplement… Ne dépensez aucune énergie à essayer de vous relaxer. Vous ne faites RIEN. Vous avez la liberté d’aller vous promener intérieurement où vous le désirez, dans un endroit qui vous plaît bien, où vous vous sentez en toute sécurité…sentez-vous libre de toute contrainte. Concentrez-vous sur votre respiration sans pour autant en changer le rythme. A chacune des respirations depuis notre toute première respiration à notre naissance, nous disons « OUI » à la vie. Prenons conscience qu’à chaque respiration nous pouvons améliorer notre qualité de vie comme ça nous plaît. A chaque inspiration c’est l’occasion d’accueillir un peu plus de calme, de détente et à chaque expiration c’est l’occasion d’évacuer quelques tensions devenues tout à fait inutiles. Libre à vous, à votre rythme, d’ouvrir les paupières quand vous le souhaitez…Sentez-vous suffisamment libre.  Libre à vous de faire vos propres suggestions en rapport avec la qualité de vie que vous aimeriez avoir ».

Concernant l’accompagnement et la psychothérapie, je renvoie le lecteur à mon livre paru en 2020 : « Prendre soin de soi et de l’autre en soi ».

La thérapie existentielle

La thérapie existentielle est une des approches dynamiques qui s’intéresse aux enjeux profondément enracinés dans l’existence humaine. L’approche existentielle met l’accent sur un conflit qui survient lors de la confrontation de l’individu aux fondamentaux de l’existence, à certains enjeux ultimes, certaines caractéristiques intrinsèques qui participent sans échappatoire possible, de l’existence d’un individu dans le monde. Dans son livre intitulé « Thérapie Existentielle », Irvin Yalom[16] a bien résumé les avantages de se familiariser plus étroitement avec sa peur de la mort :

« Un déni de la mort à n’importe quel niveau est un déni de notre nature fondamentale et entrave progressivement notre capacité à faire l’expérience consciente de notre vie. L’intégration de l’idée de mort nous sauve ; plutôt que de nous condamner à des existences empreintes de terreur ou de pessimisme, elle agit comme un catalyseur pour nous plonger dans des modes de vie plus authentiques, et elle améliore notre plaisir de vivre notre vie. »

Exercice :

La thérapie existentielle aborde le sujet de la mort, et propose des exercices pour mieux accepter cette notion inévitable de fin, par exemple :

  • Dessiner la mort
  • Imaginer sa propre tombe et se rédiger une épitaphe.
  • Se demander comment aimerait-on qu’on parle de soi après sa mort ?
  • Dessinez une ligne autour de soi et réaliser que le reste, les choses qui se trouvent en dehors, ne sont pas soi ; elles peuvent disparaître, mais nous continuons d’exister.
  • Dessinez une ligne droite sur une feuille blanche. Une extrémité de cette ligne représente notre naissance, l’autre, notre mort. Faire une croix à l’endroit où nous nous trouvons maintenant.
  • Se projeter dans l’avenir, jusqu’à sa mort et son enterrement

Méditer sur cette image pendant 5 minutes.

Imaginez sa mort : où se produit-elle ? Quand ? Comment ? En donner une représentation détaillée.

 Conclusion 

L’insomnie définit le plus souvent des problèmes de sommeil chez un individu. La « zone » de sommeil est une aire d’illusion (ou transitionnelle) a-conflictuelle, chargée de remplacer la mère et sa capacité d’apaisement. Winnicott[17] invite à se laisser aller à rêver, de sorte que cette liberté de rêver sans but crée l’aire de l’informe, d’où une forme à soi peut se construire. Parfois l’angoisse de mourir peut nous empêcher de vivre. La peur de l’abandon peut être ressentie par suite d’un traumatisme lié à une séparation pendant l’enfance. L’angoisse de séparation fonde notre sentiment d’identité. Lorsqu’elle est apprivoisée l’angoisse de séparation devient source d’élan de vie.  La capacité à être seul en présence de l’autre souligne cette solitude essentielle, et nécessaire, si l’on veut tenir debout, aller jusqu’au bout de ses projets, porter sa propre vie. Ne rien faire est une activité vitale. L’accompagnement et le moment de rencontre psychothérapeutique ouvre à l’existence. Ce moment est ouvert à la parole, au dessin à la représentation scénique (psychodrame), à l’hypnose, à la relaxation. « L’intégration de l’idée de mort nous sauve ; plutôt que de nous condamner à des existences empreintes de terreur ou de pessimisme, elle agit comme un catalyseur pour nous plonger dans des modes de vie plus authentiques, et elle améliore notre plaisir de vivre notre vie » (Irvin Yalom).

[1] https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Insomnie/Françoise Dolto

[2]http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Insomnie/fr-fr/

[3] Winnicott D.W., 1971, « Rêver, fantasmer, vivre », in Jeu et réalité. L’espace potentiel, Gallimard.

3 Bion W.R., 1970, Attention et interprétation, Payot, 1974.

[5] C’est moi qui précise ici ce terme. Un oxymore (synonyme : alliance de mots) est une figure de style par laquelle on allie deux termes qui semblent se contredire. On rapproche de manière paradoxale des termes qui peuvent paraître contraires. Ainsi, par exemple, on parle souvent d’un silence éloquent. Comment un silence peut-il être éloquent, c’est-à-dire bien parlé ? On comprend pourtant tout de suite le sens de cet oxymore : parfois, un silence en dit bien plus qu’un long discours.

[6] Daniel Pennac, Entretien « Etats d’âme », La Libre Belgique, N° 67-68, 7 mars 2020.

[7] René Arpad Spitz est un psychiatre et psychanalyste américain d’origine hongroise né à Vienne le 29 janvier 1887, décédé à Denver le 14 septembre 1974. Il développe en particulier les notions d’hospitalisme et de dépression anaclitique à partir des carences affectives qu’il observe chez les nourrissons séparés de leur mère et de leurs conséquences sur le développement psycho-affectif.

[8] Spitz a définit la dépression anaclitique comme « un état d’apathie massive avec refus du contact ou indifférence à l’entourage chez un nourrisson de 6 à 8 mois privé brutalement de sa mère avec laquelle il avait construit une bonne relation »

[9] D.W.Winnicott,Jeu et réalité, l’espace potentiel,Gallimard 1971.P143.

[10]J. Lacan, Le Séminaire livre X, L’angoisse, Ed. du Seuil, Paris, 2004, p.67.

[11]Jacques Michelet, Handicap mental et Technique du psychodrame, Ed. L’Harmattan, 2008, p.42.

[12]Ibidem, p.76.

[13]Jean Oury est un psychiatre et psychanalyste français né le 5 mars 1924 et mort le 15 mai 2014. Figure de la psychothérapie institutionnelle, il est le fondateur de la clinique de La Borde qu’il a dirigée jusqu’à sa mort. Il a également été membre de l’École freudienne de Paris, fondée par Jacques Lacan.

[14] https://www.psychotherapie-psychodrame.be/2020/08/22/le-concept-de-la-rencontre/

[15]https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/10/24/la-sante-mentale-eprouvee-par-l-epidemie-de-covid-19_6057201_4355770.html

[16]Irvin David Yalom est un écrivain américain. Né de parents russes, il est docteur en médecine depuis 1956 et professeur émérite de psychiatrie à Stanford depuis 1994, il a mené de front une double carrière de psychiatre et d’animateur de thérapies de groupe. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont deux romans : « Et Nietzsche a pleuré » (1991) et « Mensonges sur le divan » (1996) et des textes portant sur la psychothérapie, notamment « Le Bourreau de l’amour », qui fut sur la liste des best-sellers du New York Times en 1989.

[17] Winnicott D.W., 1971, « Rêver, fantasmer, vivre », in Jeu et réalité. L’espace potentiel, Gallimard.

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