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Psychothérapie et introjection

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« La psychothérapie et le psychodrame en particulier sont indiqués pour les personnes qui ont un défaut d’introjection (défaut d’affirmation) ou en débordement (dont le Moi est débordé, incapable de contenance). Ceci est le cas, par excellence, de l’enfant qui est incapable de dire : « je suis responsable », qui n’a pas la responsabilité de ce qu’il est.  Cela s’apparente aussi au phénomène appelé Tanguy[1] !

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En termes Szondien il y a absence de la fonction K+ (je suis) et présence de P- (projection qui évite l’introjection). Je rappelle ici les significations des différents symboles :

K+ : vecteur du Moi qui représente l’introjection soit le repli sur soi, l’introversion, l’autisme, le « je suis ».

K- : représente l’adaptation, le renoncement, le « je suis pas ».

P+ : représente l’inflation, le « je suis tout ».

P- : représente la projection, être un et semblable à l’autre.

L’introjection est :

  • Une protection
  • Une institution du Moi
  • Un espace psychique intime

L’introjection permet :

  • D’être quelqu’un
  • La frontière entre l’extérieur et l’intérieur. »[2]

« Un sujet souffrant d’un défaut ou d’une inefficacité du processus d’introjection est comme excessivement « ouvert » sur la réalité externe. Ce défaut de fermeture de l’appareil psychique, qu’il ne faut pas confondre avec une inconsistance du moi (comme le montrerait l’exemple du paranoïaque), est cause de l’incapacité où se trouve le sujet de constituer et de conserver à l’intérieur de lui des objets internes plus classiques, de constituer un monde fantasmatique. Ce monde fantasmatique, tant conscient que préconscient, fonctionne chez le névrosé comme un pare-excitation vis-à-vis des agressions en provenance du monde extérieur. Toute une série de manifestations cliniques apparaissent dans cette perspective comme traduisant cette extrême dépendance du sujet vis-à-vis des objets externes et des évènements de la réalité. La notion d’« introjection » est synonyme de celle de « symbolisation ». L’introjection comme processus constitutif de l’inconscient a un caractère fondateur dans la constitution du monde intérieur. « Le caractère inhérent est le renversement du mode passif au mode actif : introjecter c’est proprement renverser les places de l’objet et du sujet. Procédé dont la technique psychodramatique fait un usage fréquent tout à fait concret, puisque, chaque fois qu’il le juge utile et intéressant, le meneur de jeu propose à son patient de jouer le rôle de l’autre, c’est-à-dire de reprendre en première personne ce qu’il a d’abord expérimenté dans le jeu comme une situation de passivité : « Ptolémisme » ici parfaitement légitime, puisqu’il encourage en toute connaissance de cause (exactement comme dans le jeu de la bobine) le mouvement du sujet lui-même dans son effort interminable pour s’approprier son destin. »[v]

Le Moi introjecté est donc un Moi constitué.

Réveiller le non traduit concourt à l’introjection. L’introjection est vue comme un processus constitutif du monde intérieur, ressourcement identitaire. Elle est action et procès dont le sujet grammatical et réel est le « sujet », l’individu lui-même. Elle est la face traductive du processus contribuant à la constitution du moi préconscient-conscient. Renverser les rôles c’est passer du mode passif à un mode actif (cf. jeu de la bobine où il s’agit de jeter et de reprendre, où il y a figuration de la pensée par la représentation). Il arrive souvent d’observer chez l’un ou l’autre participant des transformations spectaculaires du corps lors des changements de rôle : le corps se redresse, devient plus tonique, les gestes gagnent en amplitude, les expressions du visage réapparaissent, les modulations de voix se diversifient, etc. Cette transformation en action peut rester insu du sujet qui reprend son rôle, comme si de rien n’était, mais les observations des autres participants à qui la transformation a « sauté aux yeux », lui font retour de manière saisissante.

Conclusion :

La psychothérapie et le psychodrame en particulier permettent une reprise en main de soi ainsi qu’une réinsertion dans le socius. Il va permettre de passer du singulier au collectif, grâce, notamment, à la Projection (P-).

MOTS CLES : groupe – différenciation – élaboration – reliaison – introjection – symbolisation – reprise en main de soi – relance du processus onirique – espace potentiel –thérapie relationnelle.

Références:

[i] Ophélia Avron, La pensée scénique, Ed. Eres 1996.

[ii]  L.Szondi, « Introduction à l’analyse du destin », 1972.

[iii] Jacques Michelet/Conférence/Journée de « Psyhodrame etTransversalité » du 11/10/2008 à Namur

[iv] Jean-Marc Dupeu, L’intérêt du psychodrame analytique,PUF,2005,Paris.P.141-142

[v] Jean-Marc Dupeu, L’intérêt du psychodrame analytique,PUF,2005,Paris.P.259.

[vi] D.W.Winnicott,Jeu et réalité, l’espace potentiel,Gallimard 1971.P143.

[vii] Jacques Michelet/Conférence/Journée ABP (Association belge de psychodrame),  « Psyhodrame etTransversalité », – « Ophélia Avron et la pensée scénique » -, du 11/10/2008 à Namur.

[1]De Tangi, prénom breton. (Nom commun) Du prénom, suite au succès de Tanguy, film d’Étienne Chatiliez (2001) mettant en scène un jeune adulte qui continue à vivre au foyer de ses parents. Le phénomène Tanguy désigne un phénomène social selon lequel les jeunes adultes tardent à se séparer du domicile familial.

[2]Jacques Michelet/Conférence/Journée de « Psychodrame et Transversalité » du 11/10/2008 à Namur.

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