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La tendresse

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Définition générale

La tendresse[1] est un sentiment d’affection, d’amitié (dictionnaire Littré), d’attachement, de générosité qui porte à considérer autrui avec bienveillance, à le traiter avec beaucoup de sollicitude. « La tendresse est une forme d’affection, de sensibilité et de considération bienveillante à l’égard d’un autre sans qu’il existe d’élément de contrainte que la passion ou le désir pourrait susciter. Elle s’exprime dans les gestes, le toucher, la douceur, la délicatesse, l’attention portée aux besoins d’autrui, le regard, la voix, et constitue une forme de respect de l’autre. La tendresse permet de créer une relation d’affection, qui peut aller de la relation d’amitié à la relation amoureuse. Il est à noter qu’elle n’implique pourtant pas nécessairement de désir sensuel, attendu qu’elle peut être l’élément clé d’une relation familiale. » [2]

Les antonymes du mot tendresse : dureté, froideur, haine,, indifférence, sadisme, cruauté.

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Tendresse et philosophie

« La tendresse, c’est le désir qui dort mais d’un œil »Maurice Chapelan[3]

« La tendresse est une naissance à soi-même qui nous fait pénétrer dans le ventre émerveillé de l’existence nous dit Jacques Salomé dans sa « Déclaration des droits de l’homme et de la femme à l’amour » : « T’aimer sans t’envahir ; Te multiplier sans te perdre ; Te dire sans te trahir ; Te garder sans te posséder ; Et être ainsi moi-même au plus secret de toi. » [4]

 « Dans « Les origines de l’amour et de la haine » (1935), le psychiatre Suttie relevait un véritable et indubitable « tabou de la tendresse ». Et effectivement, on accepte les manifestations de la tendresse qu’entre parents et enfants ou bien entre amoureux. En toute autre occasion, le geste tendre paraît plus inconcevable et déplacé que bien des manifestations grivoises ou obscènes. Pourquoi est-ce que prendre la main, effleurer la joue, toucher les cheveux de l’autre sont-ils des actes si difficiles et quasiment impossibles à assumer spontanément ? Mis à part certains « attouchements » permis et standardisés (comme la poignée de mains ou la tape « amicale », sans oublier l’inévitable « bise » – double, triple, quadruple…), et malgré l’essor d’un nouveau souci de soi corporel, l’on ne se touche guère dans nos sociétés occidentales. Dans ce contexte, oser la tendresse physique s’avère généralement impossible, non seulement entre personnes étrangères mais également entre amis. Quelques fois, bien sûr, les douceurs du regard et les accents tendres de la parole peuvent suffire ; il n’empêche que, même sous ces formes relevées et déjà spiritualisées, la tendresse paraît difficilement soutenable au long cours. Elle est davantage l’exception que la règle…

La tendresse : recevoir pour donner

Cependant, la tendresse est la sève de la vie. Quand, dans une relation, il ne circule pas de tendresse, la vie reste en jachère. Ce n’est pas un sentiment mais une qualité de présence, d’écoute, de contact. C’est aussi une qualité d’énergie qui passe entre les êtres, davantage de confiance proposée, reçue et redonnée dans le cycle de l’amour vivant. La tendresse, c’est ce dont nous avons le plus besoin et, en même temps, ce dont nous avons le plus peur. En effet, qui dit tendresse dit aussi proximité, rapprochement, lâcher-prise et ouverture. On a souvent peur de l’envahissement, de l’intrusion. On craint que l’autre nous dépossède de quelque chose. Nous sommes trop souvent des handicapés, car nous ne savons pas recevoir. Nous nous sentons obligés de rendre. Dès qu’on reçoit quelque chose, on a le sentiment d’être en dette. Nous avons tendance à minimiser ou à banaliser les marques d’attention. C’est un véritable apprentissage que d’accepter ce qui vient de l’autre, d’accueillir, de laisser germer et fleurir, de moissonner et de vendanger ces fruits de la confiance, de l’abandon. Si nous avons su recevoir, il est vraisemblable que notre rayonnement redonnera à l’univers le centuple. Nous ne serons donc pas tristes de quitter quelqu’un de cher si nous avons reçu pleinement ce qui est venu de lui et s’il a reçu lui-même ce qui est venu de nous. Chacune des parties engagées reste habitée par le partage. L’insatisfaction naît d’un manque dans la rencontre. C’est donc que nous n’avons pas su, peut-être, accueillir et recevoir ce qui nous est venu en don, en offrande si gratuite ou si imprévisible. N’oublions pas que nous avons tous reçu une somme d’amour et d’énergie de vie. Si nous nous contentons d’y puiser, elle ne se renouvellera pas et s’asséchera. Si, au contraire, nous l’agrandissons, une entité nouvelle et enrichie d’amour reviendra à la vie universelle, au moment de notre mort. Quelqu’un viendra y puiser et l’enrichir à son tour. Ainsi, l’existence est pleine de présents, mais nous ne savons pas toujours les recevoir. Si nous les amplifions, ce sera notre façon de nourrir la vie et de nous engager ainsi à plus d’humanité. Sources : Philosophie en France : D’après une lecture de Freud (S.), Introduction à la psychanalyse, Payot, Paris, 1992. »[5]

Tendresse et psychanalyse

Lorsqu’en 1932, Freud rappelle les acquis de sa théorie des pulsions, il n’emploie pas moins d’une dizaine de termes pour caractériser la plasticité des pulsions sexuelles. Certains concernent l’objet, d’autres le but, d’autres la source : le refoulement, modification du but, est désigné par les verbes dévier et changer d’orientation (ablenken, verwenden. Un mode de satisfaction pulsionnelle peut être remplacé par un autre (ersetzt werden) y compris dans un renoncement (verzichten) qui transforme le désir sexuel en tendresse. Freud a toujours considéré que la tendresse résultait d’une inhibition de l’amour sensuel et que l’amour durable nécessitait une certaine inhibition des tendances sexuelles. Freud, s’il a (mieux que jamais ou n’a au fil des siècles de casuistique érotologique), détecté les motifs du ravalement de la relation amoureuse, l’a rapporté d’abord au drame de l’Œdipe, c’est-à-dire à un conflit dramatique articulant une refonte plus profonde du sujet, une Urverdrängung, un refoulement archaïque, laissant dès lors sa place au refoulement secondaire qui permet, qui force à se disjoindre les courants qu’il distingue comme ceux respectivement de la tendresse et du désir.

Amour et tendresse

La tendresse est nécessaire au développement de l’enfant. Sans tendresse, le petit humain ne peut s’édifier ; ni l’adolescent s’émanciper ; ni l’adulte former un couple ; ni le vieillard mûrir. Sans tendresse, les amants ne s’aiment pas vraiment et les mourants laissent derrière eux d’irrémédiables regrets. Sans tendresse, nous n’existerions pas.

L’amour désigne un sentiment d’attachement d’un être pour un autre, souvent profond, voire violent, mais qui peut aussi être marqué d’ambivalence et, surtout, qui n’exclut pas le narcissisme.

 « La question de S. Beckett « comment vivre séparé-ensemble ? » est une question posée à l’amour, si tant est que l’amour, dans sa structure narcissique même, serait ce qui permet de supporter le « deux » de la différence sexuelle, de suppléer à la béance du « deux ». Lacan dira de l’amour entre deux humains qu’il les met hors d’eux, hors deux. Ainsi serons-nous amenés à penser l’amour comme processus paradoxal où se vérifie qu’il y a en jeu, dans tout rapport, l’impossible d’un deux. Deuxième remarque L’amour est de l’ordre de l’événement. Il se réfère à « ces choses qui arrivent… » quand un homme rencontre une femme, un homme, un homme, une femme, une femme : l’amour est voué au hasard de la rencontre. « Comment un homme aime une femme ? » « Par hasard », répond Lacan. S’il y a événement, il y a surprise et ce qui fera nomination tient à la déclaration d’amour. Le moment de la passion amoureuse, c’est l’heur, du bon-heur. Du ravissement soudain. De l’extase qui vous déplace et vous met dans l’être. C’est un moment dont on peut décrire les issues mortelles, si on veut le prolonger tel à tout prix : Roméo et Juliette, Tristan et Yseult. Mais par delà la passion traversée, l’amour ouvre, dans la découverte d’un manque, à la mise en processus infini de la vérité que la passion recélait. Troisième remarque L’amour donne de l’être, est don de l’être. II vise l’être dont le sujet manque parce qu’il parle. L’amour (me) fait être. S’il est vrai que nous manquons d’être du fait du langage, on peut alors soutenir la formule de Lacan : l’amour est don de ce qu’on n’a pas. »[6] Voici la phrase complète citée par Lacan : Aimer c’est donner quelque chose que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. Aimer et être aimé représente sans doute une quête universelle propre à la nature humaine. Naturellement, le sentiment amoureux connaît plusieurs déclinaisons. L’amour est sentiment fort de tendresse et d’affection entre deux personnes ou envers une divinité ou un idéal.  « Aimer passe par un dire, la parole d’amour prend le relais, vient à la place de ce qui ne peut pas s’inscrire de la relation sexuée comme telle. C’est à ce qui ne peut pas s’éprouver ni s’écrire logiquement de la relation à l’autre que la parole d’amour, le dire amoureux, vient suppléer. À partir de ce dire d’amour, tout le langage vient trouver sa place – de la poésie à la littérature ; à partir de ce dire foncier, tout peut être dit. »[7]

L’amour vu par la mythologie grecque

Les peuples anciens (Egypte antique, Grèce antique, …) avaient probablement un savoir qui s’est en partie perdu au fil du temps et que nous sommes en train de redécouvrir aujourd’hui. L’étymologie des mots nous apprend également beaucoup, notamment avec le mot désir qui est lié à l’absence d’une étoile (un astre) dans le ciel et qui serait donc issu d’un manque.

Dans la Grèce antique il y avait quatre mots différents pour dire amour et qui dépendaient du contexte :

  • Agapè (ἀγάπη / agápê) : l’amour désintéressé, divin, universel, inconditionnel, qui s’adresse à l’être de l’autre.
  • Éros (ἔρως / érôs) : l’amour naturel, la concupiscence, le plaisir corporel.
  • Storgê (στοργή / storgế) : l’affection familiale, l’amour familial.
  • Philia (φιλία / philía) :basé sur l’équivalence, la liberté et l’égalité, la réciprocité, l’amitié, l’amour bienveillant, le plaisir de la compagnie.

L’amour vu par certains psychanalystes

Pour Erich Fromm (psychanalyste américain d’origine allemande, 1900-1980) l’amour consiste à prendre soin de l’autre, à s’inquiéter de lui, à le respecter et à essayer sans cesse de le connaître davantage. Aimer quelqu’un ne relève pas seulement de la puissance du sentiment mais d’une décision, d’un jugement, d’une promesse. Le paradoxe de l’amour réside en ce que deux êtres deviennent un et cependant restent deux. À partir du moment où il introduit l’hypothèse des pulsions de mort, Freud se sert volontiers du terme grec éros pour désigner l’ensemble des pulsions de vie (celles-ci incluent les pulsions sexuelles et les pulsions d’auto-conservation) qui s’y opposent. Sur ses traces, Jacques Lacan a ironisé en parlant de « l’amûr », qu’il identifie à une sorte d’amour courtois suranné qui n’est qu’une «  sublimation illusoire ». En couplant l’amour à l’impossible du rapport sexuel, en l’élevant à la dimension d’une « épreuve », Lacan s’éloigne de Freud pour qui l’amour est essentiellement de l’ordre d’une répétition, sur le modèle oedipien. L’amour tient à la contingence d’une rencontre, rencontre qui semble démentir l’impossible du rapport sexuel, qui peut « donner l’illusion que le rapport sexuel cesse de ne pas s’écrire »[8]. C’est ce qui fait dire à Lacan que l’amour n’est pas seulement imaginaire et narcissique, mais comporte une dimension réelle parce qu’il survient comme rencontre contingente sur fond d’impossible. Dans la dimension imaginaire de l’amour il y a l’idéal de fusion, faire un avec deux. C’est ce que développe Freud dans son texte « Pour introduire le narcissisme » : « On se cherche soi-même comme objet d’amour, on aime à travers l’autre ce que l’on est soi-même, ce qu’on a été, ce qu’on voudrait être, la personne qui a été une partie propre de soi (son enfant comme prolongation de soi-même). » C’est l’amour du même. La dimension symbolique de l’amour, elle, consiste avant tout dans sa part de détermination inconsciente. Elle met en jeu la signification phallique. Lacan pense aussi l’amour au niveau du réel de la pulsion. Il situe également l’amour du côté de l’être. Avec Lacan, l’amour se fait par la parole, il est soumis à la contingence et l’invention. Aussi Lacan finit-il par se demander, et par nous demander : « est-ce que l’amour c’est ça : d’avoir fait un bout du chemin ensemble » ? Ferenczi, un des disciples de Freud, a appuyé toute son œuvre sur le sentiment amoureux après s’être séparé de son maître pour mettre en avant le primat de la mère sur le père. Carl Gustav Jung a terminé son autobiographie par une longue réflexion de plusieurs pages sur « le mystère de l’amour ».
Et enfin, Françoise Dolto employait l’expression « cœur à cœur » pour caractériser le tissage entre sensations du corps et sentiments, aussi bien dans la rencontre de deux adultes que dans la relation mère-enfant.

Références :

http://eclaircie.canalblog.com/archives/2012/01/30/23348355.html

http://www.psychanalyse67.fr/accueil/myFiles/149_9EII715976.pdf

Mots-clés : bienveillance – oser la tendresse – sève de la vie – qualité de présence, d’énergie –  nourrir la vie – vivre « séparé-ensemble » – hasard de la rencontre – l’imaginaire, le symbolique et le réel de l’amour.

[1] Étymol. et Hist. 1. Ca 1240 « tendreté » (Jean de Thuin, Jules César, 92, 12 ds T.-L.); 2. 1319 « jeune âge, enfance » (Assiette de 200 liv. de rente, Morice, Hist. de Bret., I, 1286 ds Gdf.); 3. 1551 « faiblesse, fragilité du jeune âge » (Leroy, trad. Isocrate, Au Roy ds Hug.); 4. av. 1648 « sentiment, attachement qui se manifeste par des paroles douces, des gestes affectueux….https://www.cnrtl.fr/etymologie/tendresse

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Tendresse

[3] Maurice Chapelan est un journaliste, essayiste et scénariste français, né le 1ᵉʳ janvier 1906 à Valence et mort le 14 mars 1992 à son domicile à Coye-la-Forêt.

[4] Jacques Salomé, Apprivoiser la tendresse, Editions Jouvence, 2015.

[5] http://ocinquieme.ch/parution/43-la-tendresse.html

[6] http://www.association-freudienne.be/pdf/bulletins/37-02Boons.37.pdf

[7] http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2016/04/LQ-576.pdf

[8]  LACAN J.: “ Encore”, op. cit., p. 132.

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