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Prendre soin

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Ce que « prendre soin » peut signifier :

« Soin » et « prendre soin », sont traduits, en anglais, par « care » et « take care ». « Cure » et « care » sont en anglais des termes très proches. Alors que « cure » vise le traitement médical et l’éradication de la maladie, care met l’accent sur l’attention portée à quelqu’un et sur l’intérêt qui est pris pour cette personne. Dans Cure, Winnicott[1] cherchait notamment à réhabiliter le care, qui renvoie à la relation humaine et la confiance entre soignant et patient, délaissées selon lui dans la médecine du XXe siècle. Il regrettait en effet que l’acte médical se résume à un simple acte technique, et invitait plutôt à prendre en compte l’histoire singulière du patient. Ce que le patient demande au cadre, c’est d’assumer la fonction de l’environnement primaire défaillant. Il faut qu’il ait suffisamment confiance en l’environnement pour pouvoir régresser. Que le professionnel aidant soit une personne fiable c’est-à-dire sur qui l’on peut compter, Winnicott insistait sur la nécessité pour le patient d’avoir foi en la personne à qui il s’adresse.

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Voici des propos de Winnicott énoncés en 1970[2]: « la psychanalyse ne consiste pas simplement à interpréter l’inconscient refoulé, mais aussi à fournir à la confiance un cadre professionnel dans lequel un tel travail pouvait prendre place. En étant fiables dans notre travail professionnel, avait-il expliqué aux médecins et infirmières, « nous protégeons nos patients de l’imprévisible. Nombreux sont ceux qui souffrent du fait qu’ils ont été soumis ou sont soumis à l’imprévisible. Aussi devons-nous, nous, soignants, nous garder d’être imprévisibles, car derrière l’imprévisibilité, il y a la confusion mentale, et derrière celle-ci, éventuellement un fonctionnement somatique chaotique, c’est-à-dire une inconcevable angoisse physique. »

Les uns comme les autres ne doivent jamais oublier que toute écoute, toute parole, tout silence, tout geste, tout acte, aussi technique qu’il puisse être, doit toujours s’inscrire dans un processus gouverné par le care, l’attention à l’autre, le prendre soin de la personne qui s’est remise entre leurs mains, qui leur a fait confiance au point de s’en remettre à leurs soins.

Qu’est-ce que le « cure » ?

« La tentative d’éradication de la maladie, guérir et pas seulement soigner, objectiver la maladie pour la traiter le plus indépendamment du sujet qui l’éprouve. Le care, lui, sous-entend autre chose : le sujet précisément, la relation avec le médecin, la confiance qu’on lui témoigne, une sorte de parachèvement du holding (qui commence avec le bébé dans le ventre de la mère), mais surtout un sentiment d’égalité malgré la dépendance, et même, une vision active de la dépendance au sens où il s’agit de pouvoir « s’appuyer sur » (to depend on)…. La confiance est le cadre qui permet d’accéder aux contenus inconscients refoulés par le sujet. Le care fait écho au vivant d’un soin, pas un soin de principe, au sens où il ne serait que de papier. Mais un soin vécu et par le médecin, et par le patient, sans hiérarchie aucune. Non que les deux soient similaires. L’égalité indique simplement « un socle radical d’humanité – celui où chacun est dépouillé de son identité imaginaire pour se laisser altérer par la rencontre, qui fait émerger quelque chose de vivant entre les êtres » (Périlleux). Winnicott qualifiait le soin comme la relation marquée par la rencontre de la fiabilité et de la dépendance. Et Zaccaï-Reyners de définir le type de travail du care, un travail « relationnel », qui ne peut être mécanisé, et « dont le produit ne peut être exhibé après coup. Au contraire, tant qu’il est effectué correctement, le travail relationnel reste pour l’essentiel insaisissable, invisible. Sa qualité réside même en partie dans sa capacité à masquer sa pénibilité ». Pas simple donc de reconnaître sa valeur, dans un monde qui aime tant évaluer les actes, mais les évalue d’autant plus mal qu’ils s’humanisent. Ne provoquer ni l’amour ni la haine, ne devenir ni le gourou ni l’indifférent, adopter la juste sollicitude, le juste régime d’attention, voilà toute la subtilité du care, de ce don du médecin au patient. Il ne s’agit nullement de le substituer au « cure ». Il est l’aura du « cure », tout ce que doit le « cure » à l’autre, qu’il soit patient, collègue, parent, ami. Soigner, guérir, cela ne s’apprend pas seul. C’est la suite d’un long processus relationnel, d’une longue chaîne de savoirs et de partages multiples. Il faut des années et des années, des siècles et des siècles de soin des hommes, de souci de soi et des autres, pour façonner l’art de sauver la vie. »[3]

Qu’est-ce que le care ?

Ce terme désigne l’idée du souci des autres ou du « prendre soin », et s’étend à toutes les sphères de notre vie : personnelle (« care domestique »), professionnelle (dans le cadre hospitalier notamment), sociale et politique. Il concerne aussi bien le souci de soi que celui d’autrui ou du monde, dès lors que nous admettons que nous sommes tous vulnérables, car dépendants de nos semblables pour survivre. Winnicott retient trois grandes dimensions de ces soins : le holding, le handling et l’object presenting. La fonction de l’environnement implique ces trois concepts.

Qu’est-ce que le « holding » ? :

Il est « la manière dont l’enfant est porté »[4].

Il correspond au portage, au fait de tenir, mais aussi à la contenance psychique.

Le holding est une notion à l’interface du physique et du psychique. Il renvoie à la façon dont ces deux dimensions s’entremêlent. On peut donc distinguer un portage physique et un portage psychique.

Le portage physique :

Le holding est d’abord décrit comme un portage physique : une manière de tenir, de porter le bébé. Winnicott souligne que certaines mères n’arrivent pas à tenir leur bébé comme si leurs mains n’étaient pas assez sûres.

Le dialogue tonico-émotionnel entre la mère et son enfant sera par la suite étudié plus en profondeur par les psychomotriciens qui se réfèrent souvent à cette notion de holding. Ils vont avoir une attention particulière à la manière dont les émotions (les peurs, les craintes qui peuvent renvoyer à l’histoire de la mère) vont se transmettre à l’enfant par l’intermédiaire du corps.

Le portage psychique :

La dimension psychique du portage est également essentielle pour Winnicott : elle renvoie à la capacité d’attention de la mère, à la qualité de sa présence et à sa capacité à penser les émotions du bébé (à s’interroger, par exemple, sur le sens de ses pleurs, à lui parler pour le rassurer, etc.)

Cette dimension est à rapprocher de la notion de rêverie maternelle et de fonction alpha chez Bion. En effet, pour Bion, la mère va transformer des émotions incompréhensibles du bébé (les éléments Bêta) en images, en pensées ou en rêveries (les éléments Alpha).

Qu’est-ce que Le « handling » ?

Il est la manière dont l’enfant est traité, manipulé.[5]

Le handling renvoie à une dimension plus pratique et plus active que le holding. Il correspond aux soins prodigués à l’enfant : le fait, par exemple, de le laver, de le changer ou de l’habiller.

Winnicott décrit l’importance de ces soins dans le développement psychique de l’enfant. En effet, la mère n’est pas un robot, lorsqu’elle lave son enfant, par exemple, elle le fait en le pensant d’une certaine manière. Le handling permet au bébé de se constituer son enveloppe corporelle et psychique.

Qu’est-ce que  l’ « object presenting » ?

Il est le mode de présentation de l’objet.[6]

L’object presenting  pourrait être traduit par « le fait de présenter l’objet ». Il désigne la façon dont la mère présente le monde à l’enfant. Elle va, en effet, introduire l’enfant à l’existence d’un extérieur à la dyade mère-enfant. Pour d’autres auteurs, cette dimension est plutôt reliée à la fonction. Il sera ainsi reproché à Winnicott d’avoir trop mis l’accent sur le lien mère-enfant et d’avoir eu tendance à laisser dans l’ombre, en arrière-plan, le rôle du père dans l’ouverture vers le monde (on parle classiquement de la « fonction de tiers » du père ou du substitut paternel).

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Mots-clés: take care-fiabilité-rencontre- holding- handling- object presenting.

(1)Connu dans le monde entier, Donald Woods Winnicott (1896-1971), pédiatre et psychanalyste anglais, formé par Melanie Klein (1882-1960) et proche d’Anna Freud (1895-1982),faisait remonter la théorie du développement émotionnel à la petite enfance, et même à la période prénatale.  Ce qui intéresse avant tout Winnicott et ce qui fait le prix de sa découverte, ce n’est pas seulement l’objet, c’est l’« espace transitionnel », ce qu’il va appeler « l’aire intermédiaire ». Cet espace transitionnel est une « troisième aire », nous dit Winnicott. C’est un espace paradoxal, parce qu’il se situe entre la réalité extérieure et la réalité interne, entre le dedans et le dehors. L’« espace transitionnel », est un espace qui va jouer un rôle essentiel dans les processus de représentation et de symbolisation et va permettre un premier décollement avec l’objet maternel, un premier mouvement de l’enfant vers l’indépendance. Pour ce qui concerne notre texte, Winnicott distingue le « holding » qui correspond à la façon de soutenir et porter l’enfant, physiquement, mais aussi psychiquement et le « handling » qui correspond aux manipulations et stimulations du corps par les soins que la mère lui procure (bain, habillage, etc.)

[2] Lors d’une conférence prononcée le 18 octobre 1970, devant des médecins et des infirmières.

[3] https://www.humanite.fr/le-care-cure-568910

[4] D.W.Winnicott, Jeu et réalité, Ed. Gallimard, 1975, p.154.

[5] Ibidem, p.154.

[6] Ibidem, p.154.

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