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Quelques mots sur le concept d’autorité

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L’autorité (auctoritas), faculté de l’auctor, est « ce don réservé à peu d’hommes de faire surgir quelque chose et – à la lettre – de produire à l’existence » .[i] Kojève[ii] insiste sur la distinction entre autorité et force (violence) et considère que l’autorité est l’apanage d’un être conscient et libre. Là où il y a force et contrainte, il n’y a pas autorité. L’autorité fait agir alors que le pouvoir agit ; cette définition permet à Kojève d’établir la distinction entre force (potestas) et autorité d’une part et entre autorité et « discussion » ou « compromis » – que Arendt[iii] nomme « persuasion » – d’autre part. Ainsi, s’il y a distinction entre les deux termes et notions, il y a association de l’un avec l’autre : le pouvoir n’est pas sans autorité, l’autorité n’est pas sans pouvoir. Mais aussi, en position dominante, l’un peut se manifester sans l’autre. Le pouvoir peut se manifester sans l’autorité, c’est la figure de l’aliénation du dominé au dominant dont le rapport de la foule au meneur fournit le modèle exemplaire où chacun est « au pouvoir » d’un chef.

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Dans les plus anciens emplois, augeo indique l’« acte de produire hors de son propre sein ; acte créateur qui fait surgir quelque chose d’un milieu nourricier et qui est un privilège des dieux ou des grandes forces naturelles, non des hommes » . Augur, terme religieux, aurait d’abord désigné « la “promotion” accordée par les dieux à une entreprise et manifestée par un présage. En somme, l’auctoritas, faculté de l’auctor, est « ce don réservé à peu d’hommes de faire surgir quelque chose et – à la lettre – de produire à l’existence.

L’auteur est celui qui inspire l’entreprise, à la différence de l’artifex qui l’a seulement faite. Ce terme provient de augere, « augmenter », nominalisé en auctor, nom d’agent issu du verbe augeo, qui appartient à la sphère politique à côté de laquelle se trouve le doublet religieux augur, « augure », dont est dérivé l’adjectif augustus ; ces deux noms ont donc la même étymologie. Le radical en indo-iranien signifie « force ».

« Auteur » vient du latin auctor qui avait le sens de « instigateur, fondateur, auteur », mais aussi de « conseiller ». Mais bien sûr, on peut aller plus loin : auctor est dérivé du verbe augere, « faire croître, augmenter ». L’auteur est donc « celui qui augmente »… « Auteur » a la même origine que « autorité » : auctoritas en latin dérive également de augere, augmenter. Ici, l’idée est que celui qui détient l’autorité augmente l’efficacité, la valeur d’un acte (juridique, par exemple). Auteur et autorité ont longtemps été liés, et aujourd’hui encore on peut dire d’un auteur qu’il « fait autorité dans son domaine », par exemple.

Mais pour Émile Benveniste, linguiste spécialisé dans la grammaire comparée des langues indo-européennes, rapporter « auteur » et « autorité » (mais aussi « augure » et « augustin ») à l’idée d’augmenter n’est pas suffisant. En indo-européen, la racine aug- désigne la force, notamment la force divine. Alors, est-il possible qu’ « augere » en latin ait eu un sens plus fort que simplement « augmenter » ? Augere, augmenter, c’est accroître ce qui existe déjà, mais dans un sens plus ancien, c’est produire ce qui n’existe pas encore. Augmenter le réel, c’est créer.

L’auteur est donc un créateur. Auctor, c’est « celui qui accroît, qui fait pousser, l’auteur », traduisent couramment les dictionnaires latins. Conrad de Hirsau, grammairien du xie siècle, explique dans son Accessus ad auctores : « L’auctor est ainsi appelé du verbe augendo (« augmentant »), parce que, par sa plume il amplifie les faits ou dits ou pensées des anciens. »

Si l’on interroge le petit Larousse, l’autorité signifie « droit ou pouvoir de commander, de se faire obéir ». Mais si l’on se penche sur les « origines », à travers un « antique » dictionnaire d’étymologie, autorité nous renvoie à auteur, du latin auctorem qui lui-même se rattache à augere, auctum . Vaste programme ! L’auteur est proprement celui qui augmente d’où, celui qui produit, celui qui concède un droit. À ce dernier sens se réfèrent les acceptions des dérivés savants, autoriser , autorité, autoritaire.

« Ainsi, à celle de l’autorité serait intimement liée la notion de respect, indépendante elle de l’exercice du « pouvoir soumettre », mais qui autoriserait l’idée que la personne qui dépend puisse en ça-voir, momentanément, plus ou mieux, que celle qui représente le pouvoir qui confère autorité. Et de ce fait d’avoir, à son tour, une certaine autorité qu’il est bon de reconsidérer pour maintenir le contact en lui permettant de s’exprimer. »[iv]

Références :

François Dutrait ,Marc Derycke  Revue, Le Télémaque 2009/1 (n° 35) Autorité : retour aux sources .PUF

https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2009-1-page-113.htm#no8

http://www.signesetsens.com/psycho-de-ces-equivoques-limites.html

[i] https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2009-1-page-113.htm#no8

[ii] A. Kojève, La notion de l’autorité, Paris, Gallimard, 2004.

[iii] H. Arendt, « La crise de l’éducation », in La crise de la culture, Paris, Gallimard (Folio essais), 1996, p. 247.

[iv] http://www.signesetsens.com/psycho-de-ces-equivoques-limites.html

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