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La sanction éducative et la punition impulsive

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Souvent la sanction est associée au mot « punition ». Or ces deux notions ne sont pas assimilables. Pour mieux les comprendre il faut les différencier. La sanction est une réponse donnée à une transgression de la règle. C’est un acte qui ne se pose pas dans l’emportement, la colère. La sanction donne une consistance à la règle. La sanction éducative a pour fonction de réaffirmer l’importance de la loi et non de rendre tout puissant la personne qui la fait respecter. Sanctionner c’est faire preuve d’autorité en confrontant l’autre à la réalité qui l’entoure. Qu’est-ce que l’autorité ? (cf. mon texte : » Quelques mots sur l’autorité »).

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La punition est plutôt une réaction (avec un bonne part d’émotionnel) à un comportement perçu comme une transgression. Punir c’est réagir dans l’émotionnel et décharger ses sentiments en affirmant sa domination vis-à-vis de l’autre (enfant, adolescent, adulte). Souvent la punition est imposée, non pour réparer ou apaiser, mais culpabiliser (« tu as vu ce que tu as fait, tu l’as bien mérité, tu n’es qu’un sale gamin » ou pour servir d’exemple (« voilà ce qui arrive quand on provoque »). La punition est souvent exagérée en espérant dissuader l’enfant, l’adolescent de recommencer. Elle est peut être exagérée aussi parce que le parent ou l’éducateur est en colère et que c’est un moyen de décharger son agressivité. Par ailleurs, la punition est souvent décidée non en fonction de ce qui s’est objectivement passé mais en fonction de la résonnance immédiate que cette transgression provoque chez celui qui découvre ces faits. C’est pour cette raison qu’elle est souvent vécue comme injuste. Punir  c’est réagir dans l’émotionnel et décharger ses sentiments négatifs en affirmant sa domination. Ce faisant on répond à une transgression d’enfant, d’adolescent par une transgression d’adulte.

Quand la sanction est énoncée dans un moment de colère, l’adulte court plusieurs risques :

–          La sanction peut être disproportionnée par rapport à l’acte

–          La sanction peut être mal choisie

–          La sanction a plus d’inconvénients pour les autres que pour le « fautif »

–          La sanction est inapplicable dans les faits ou ne correspond pas aux valeurs des parents (ex. « je ne veux plus te voir jusque demain » alors qu’il est 17h.

Dans ces différentes situations, l’adulte peut être amené à revenir sur sa parole et entacher sa crédibilité (en tout cas si cela arrive souvent).

La sanction est un coup d’arrêt. Sans celui-ci, l’enfant peut être conduit à persévérer, à aller plus loin, à faire plus mal, à se faire plus mal. « La sanction, écrit Jean-Bernard Paturet (1997, p. 6), a donc comme fonction essentielle, quand elle est fondée sur cette reconnaissance du sujet désirant, d’empêcher que le sujet se perde dans une régression infinie ou dans une puissance mortifère. » L’éducateur doit soutenir des « non », savoir faire face même si ses prétentions narcissiques doivent en souffrir. La peur de ne plus être aimé taraude souvent l’éducateur qui s’oppose ou se risque à poser un refus.

Adossée à la loi, la sanction repose sur le principe d’humanisation et est au service de l’avènement du sujet. Sa vocation première est bien de rappeler que la loi prime sur le pouvoir des adultes.

Le mot sanction, nous dit le Robert historique, dérive du sancire qui signifiait « rendre sacré, inviolable », puis « établir solennellement, par une loi ». Par son action bivalente, la sanction permet aux thérapeutes de borner et restaurer les limites, de continuer à œuvrer pour que du sens advienne là où était le chaos de l’excitation, l’impératif du besoin. La sanction s’adresse à un individu, elle appelle la parole. La punition  vise l’indignité de l’être et relève du dressage par la contrainte tandis que la sanction permet une élaboration des conséquences d’un acte par son auteur. Cette volonté actuellement affirmée de vouloir restaurer les valeurs de l’autorité et de la discipline influe sur les pratiques pédagogiques en matière d’éducation des jeunes enfants. L’évolution des pratiques enseignantes « innovantes » se heurte à un enracinement qui privilégie la compétence, l’efficacité, voire la précocité.

La sanction vise à rappeler la primauté de la loi et non la prééminence des adultes. Plus généralement, elle manifeste l’importance de l’existence d’un ordre symbolique structurant : le droit ou plus simplement l’ensemble des règles explicitées. Une sanction qui entend faire œuvre d’éducation ne peut donc être utilisée comme une stratégie de réactivation du pouvoir du maître ou de l’adulte. Rappeler la loi, c’est aussi en appeler à sa valeur d’instance, c’est-à-dire à sa capacité à lier un « je » à un « tu » pour faire advenir un « nous ».

Il n’y a pas de « vivre-avec » (autrui) qui ne soit articulé à un « vivre-devant » (la loi). Le vivre-ensemble ne peut être pensé comme ferme et permanent que sur fond d’une instance transsubjective. Et ce transsubjectif, c’est la loi. La sanction rappelle que les lois que le groupe se donne ne peuvent être impunément ignorées ou violées au risque de le faire éclater. Telle est la finalité politique de la sanction : rappeler la loi pour préserver l’identité et la cohésion du groupe. Toute infraction met en péril le groupe dans son existence sociale, car la loi est ce qui nous relie par la dialectique des droits et des devoirs.

Le règne de l’autoritarisme, même si les thèmes de la répression et de la discipline sont de retour, est mis à mal et ses nuisances reconnues. Aujourd’hui, l’éducation distingue la sanction qui s’attache à l’acte, de la punition qui s’en prend à la personne. Les parents comme les professionnels reconnaissent que sans légitimité il est impossible d’asseoir leur autorité et de faire accepter une sanction. Une légitimité qui se gagne dans le respect, la fermeté et la prise de conscience de l’acte commis.

 Les quatre règles d’or de la sanction

La sanction doit, tout d’abord, donner à penser et non à voir ; et donc renoncer tant au spectaculaire, qu’à la mise en scène ou à l’édification du groupe. S’il n’y a pas de sanction exemplaire, mais que des punisseurs exemplaires, c’est parce que ce qui doit toujours être privilégié, c’est le sens donné par une parole établissant une relation avec la transgression. La sanction n’a pas l’obligation d’être admise, du moment qu’elle est comprise. Cette compréhension peut se manifester tardivement, ses effets ayant un rôle bien plus structurant qu’on ne l’imagine. En cela, la sanction se distingue de la vengeance qui, elle, est silencieuse et ne s’annonce pas forcément.

Seconde règle, la sanction porte sur des actes : on sanctionne un manquement à un contrat social, pas celui qui s’en est rendu coupable, l’indignité de ce qui a été commis et non l’indignité de son auteur, le vol et non le voleur. Le sujet doit bénéficier d’une bienveillance inconditionnelle. C’est sur ses conduites que s’exerce l’intolérance. On préserve ainsi l’infracteur d’une culpabilité ontologique qui porterait sur sa personne, sur son manque ou son déficit.

Troisième règle, la sanction doit apparaître comme privative d’un avantage, d’une joie ou d’un droit partagé (comme être avec ses pairs). S’il y a là une inévitable source de frustration, il ne peut y avoir d’humiliation. Aristote expliquait qu’il y a une bonne honte, c’est celle qui freine les attitudes, sans altérer la personnalité.

Dernière règle d’une sanction qui se veut éducative : un geste à l’intention de la victime. Ce qu’il est de coutume d’appeler la réparation, permet non seulement de compenser le tort commis, mais aussi, par un acte positif, de réintégrer le lien social.

Réparer, c’est remettre en état, refaire, raccommoder. C’est aussi compenser. C’est à Melanie Klein  que revient le mérite d’avoir introduit la notion de réparation comme concept clinique pour désigner un mécanisme inhérent à la position dépressive. Selon cet auteur, l’enfant est très tôt confronté à la peur inconsciente de l’anéantissement, à des pulsions persécutrices qui sont des fantasmes de destruction, de mise en pièces et de dévoration. Face à ses pulsions morbides, l’enfant est envahi par l’angoisse et la culpabilité d’avoir détérioré l’objet d’amour (la mère). Craignant de perdre l’amour en même temps que l’objet, l’enfant désire annuler le mal qu’il a fait. À l’origine de la tendance réparatrice se trouvent donc la peur de perdre l’amour et le sentiment de culpabilité qui l’accompagne. La réparation est une tentative d’apaisement et d’élaboration des pulsions, un processus de maturation qui se fonde sur la reconnaissance de la souffrance causée. C’est en ce sens que les procédures réparatoires nous intéressent, car celui qui manifeste le désir de réparer est en position de responsabilité par rapport à ses actes. Il les reconnaît et les assume.

Le besoin de réparer est aussi le désir de se réparer. La dialectique réparer/se réparer est bien réelle, car l’objet réparé ne revient jamais à l’état antérieur ; il est autre, il est créé à nouveau. C’est en recréant l’objet que le fautif se recrée lui-même. La réparation est, en ce sens, un mouvement de construction du moi. Réparer, c’est aussi être en position de reconnaissance par rapport à autrui, car si l’on répare quelque chose, on répare aussi et d’abord à quelqu’un. La réparation est orientée vers « un autrui ». Avoir recours à une procédure réparatoire, c’est au-delà du face-à-face punisseur-puni introduire une tierce personne qui est la victime. C’est à elle que s’adresse la réparation. En ce sens, on peut dire qu’une sanction éducative est reconstructive, car elle tend à retisser les fils et à renouer le lien social, un instant blessé.

Références :

Jacques Trémintin, Lien Social numéro 918,26 février 2009, Le sens de la sanction dans l’action éducative.

La sanction, La lettre de l’enfance et de l’adolescence, 2004/3 (no 57) , ERES .

« Grandir avec des limites et des repères….pour aller plus loin » (brochure ONE : N° Edition : D/2007/74.80/67).

La lettre de l’enfance et de l’adolescence, 2004/3 (no 57), La sanction, Réflexions sur la sanction dans le champ de l’éducation.

 

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