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Conception éthique,nécessaire multidisciplinarité et transversalité: L’éthique du thérapeute :

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L’éthique du thérapeute :

• L’éthique constitue une réflexion sur l’action, renvoie à la question du savoir sur le faire :
Savoir ce que nous faisons est, notamment, une question posée par l’éthique. Platon, Aristote et d’autres philosophes antiques et contemporains en ont largement débattu. La question posée par Aristote est celle de savoir quelle est la fin dernière de l’homme, c’est-à-dire une fin par rapport à laquelle les autres fins ne seraient que des moyens et qui ne serait pas elle-même moyen pour une autre fin.
En psychothérapie, la question des méthodes et des moyens doit renvoyer d’abord à celle de l’éthique. Il s’agit de penser sa pratique et d’élaborer psychiquement les situations rencontrées. Avoir assimilé les outils et techniques relatifs à la pratique ne suffit pas. S’interroger, par contre, sur le sens des actes que l’on pose et sur les valeurs qui les sous-tendent permet d’en être davantage conscient, de se rapprocher des objectifs poursuivis et de mieux cadrer ses interventions.
• L’éthique représente le respect de la personne, la prise en compte du caractère unique et irremplaçable de chaque personne :
La visée thérapeutique que je poursuis est surtout humaniste c’est- à-dire que j’essaye de permettre ce qu’il y a de plus humain dans la personne au-delà de ses manques, ses handicaps. Faire le bilan des compétences me paraît plus constructif et respectueux de la personne que de faire l’inventaire de ses incapacités.
• L’éthique est une visée positive de l’être humain :
Nous pouvons bouger davantage dans le positif. Une vision ou une perception positive de l’être humain semble libérer davantage ce dernier. Nous adressant à la partie saine des personnes que nous rencontrons, n’avons-nous pas davantage de chance d’obtenir des résultats ? Il s’agit donc de trouver les ressources chez les personnes que nous rencontrons, de miser sur leur créativité plutôt que sur leurs incapacités. Sans le nier, nous pouvons faire d’un handicap un moteur.
Le regard porté sur soi et sur l’autre me paraît déterminant : « Si je crois en toi, je te permets de croire en toi » ! Nous pouvons être porteur d’espoir, prendre le risque de trouver une étincelle d’espérance et croire au développement de l’autre. « Un plus petit signe suffit à transformer un vilain petit canard en cygne » ! [5] L’essentiel de nos comportements n’est-il pas suscité par nos représentations ? L’ennemi de la « vérité » n’est-il pas la conviction, le jugement définitivement porté ? Ce qui éloigne, ce qui oppose, c’est l’ignorance. Quand nous ignorons, nous construisons des représentations arbitraires que nous tenons pour des vérités.
Dans la théorie constructiviste, pour y faire référence, la perception du monde, chez l’homme, restera toujours une construction de l’esprit. Nous ne pouvons connaître que ce que nous construisons nous-mêmes. L’intérêt que j’y trouve personnellement réside, en outre, dans cette synthèse : « La conclusion de tout cela est bien intéressante : le monde empirique du vivant, la logique de la réflexibilité et l’histoire naturelle nous disent donc que l’éthique,- la tolérance, le pluralisme, la distance qu’il nous faut prendre à l’égard de nos propres perceptions et valeurs pour pouvoir prendre en compte celles des autres- est le fondement même de la connaissance, mais aussi son point final. En trois mots, mieux vaut faire que dire : les actes parlent davantage que les mots » [6].
• L’éthique, c’est tenir la contradiction entre les aspects contraires rencontrés chez l’être humain :
C’est toute l’ambiguïté du pulsionnel comme le côté pessimiste et optimiste de la pensée par exemple. Avec Szondi, nous retrouvons un vecteur positif et négatif aux pulsions comme par exemple l’appartenance à un groupe et l’individuation, comme la tendance à l’exhibitionnisme (hy+) et la tendance à la pudeur (hy-). Dans le vecteur « pulsions de contacts (vecteur c) », nous retrouvons à la fois une tendance (m+), une tendance à s’accrocher à l’autre, à l’oralité, à l’hédonisme et une tendance (m-), une tendance à se séparer, à la solitude. Que dire aussi des traits bipolaires universels comme le « yin » et le « yang », comme l’ « anima » et l’ «animus », comme la « primarité » et la « secondarité », comme l’ « introversion » et l’ « extraversion » du point de vue de la psychanalyse jungienne, comme l’ « Eros » et le « Thanatos » du côté freudien ? Que dire, en neurophysiologie, du système nerveux sympathique et parasympathique, etc. ?
Il me paraît donc important de rencontrer l’individu avec ses contradictions et ses ambivalences car celles-ci font partie intrinsèque de la nature humaine. Je pense que nous ne pouvons pas les ignorer. L’éthique serait la gestion des réalités plurielles, des aspects contraires. L’équilibre de la personne ne résiderait-il pas dans notre capacité à accepter nos antinomies ?
• La conception éthique ainsi que l’engagement thérapeutique sous-tendant la pratique prennent leur source dans une visée éclectique de l’être humain :
Je trouve important de puiser dans des références les plus nombreuses possibles. Je rejoindrais, notamment, Claude Lorin[11]quand il s’oppose aux excès que peut représenter une idéologie dogmatique de l’être qui serait opposée à la dimension du soin. Je rejoindrais également, en partie, Marc Ledoux [12] quand il nous dit que « parler ne suffit pas », il faut se mettre ensemble » ou encore « prendre soin de l’autre ce n’est pas le traiter », tout comme « travailler ce n’est pas exécuter une tâche » etc. Je me rallie à lui quand il propose et oppose l’objet « b » à l’objet lacanien « a » signifiant par là un concept « collectif » privilégiant la nécessité de soigner d’abord l’institution avant le patient ! Cette approche relevant de manière plus globale de la psychothérapie et de la socio psychanalyse institutionnelles n’enrichit-elle pas notre rencontre avec l’autre ? Bref, le chantier reste ouvert aux nouvelles lectures et représentations de l’être humain !

La nécessaire multidisciplinarité :

Œuvrant dans le champ de la santé mentale, nous ne pouvons pas, me semble-t-il, ignorer d’autres continents, la diversité des approches, source de créativité, la multidisciplinarité scientifique telle que l’anthropologie, l’ethnologie, l’éthologie animale et humaine, la sociologie, la neurophysiologie, et plus récemment l’anthropopsychiatrie développée par Jacques Schotte[13], etc. N’est-il pas vrai, comme l’a souvent dit Jacques Schotte, que « la Psychologie est une affaire trop importante et trop sérieuse pour être confiée à des psychologues » ? [14]

Transversalité:

Le travail transversal comprend la psychanalyse, le psychodrame, l’hypnose, les [psycho]thérapies psychocorporelles, les psychothérapies du groupe, etc. Il y a ce qui est commun dans ces différentes approches psychothérapiques et ce qui les distingue. L’interdisciplinarité à l’intérieur des psychothérapies relationnelles entraîne une meilleure utilisation de chacune d’entre elles dans la clinique quotidienne du praticien.

Références :

[5] B. Cyrulnik : Un merveilleux malheur, Paris, Odile Jacob, 1997, p.262.
[6] P. Watzlawick : L’invention de la réalité-Contributions au constructivisme, Paris, Seuil, 1988, p.344.
[7] Charte créée par l’Association Belge de Psychodrame (ABP) en 1997 (Moniteur Belge du 18/12/97). Site web: http://home.scarlet.be/micheletj/abp
[8] P.Montangerand : Ballade pour un jeune thérapeute, Bulletin de la Société Balint Belge, n°37, juin 1993.
[9] J. L. Moreno : Psychothérapie de groupe et psychodrame, Paris, P.U.F., p. 30.
[10] D.W. Winnicott : Jeu et réalité – L’espace potentiel -, Paris, Gallimard, 1975, p. 73.
[11] CL. Lorin : Traité de psychodrame d’enfants, Toulouse Cedex, Privat, 1989.
[12] M.Ledoux : Qu’est-ce que je fous là ? Conférence 18/04/ 2006, Théâtre-Poème, Ixelles, notes personnelles.
Marc Ledoux (philosophe, docteur en sociologie, psychanalyste) travaille depuis vingt ans dans la clinique Cour-Cheverny (La Borde), lieu de psychothérapie institutionnelle, et transmet depuis plusieurs années ses concepts fondamentaux dans différentes structures de soins en Belgique, par des séminaires, des supervisions et des publications.
[13] J.Schotte : Un parcours, Montreuil, Le Pli, 2006.
[14] J.Schotte : ibidem, p. 386.
[15] B. Robinson : Psychodrame et psychanalyse, Paris, De Boeck Université, p.383.
[16] R. Kaes : Introduction à l’analyse transitionnelle, Paris, Dunod, p.11.
[17]Boris Cyrulnik, Cours d’éthologie 13 et 14/12/2006, UMH. (Université de Mons- Hainaut), notes personnelles.

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