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LE BIEN-ETRE AU TRAVAIL

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L’idéologie du plaisir et de la réussite :

Si le plaisir au travail est considéré comme un opérateur de santé, il convient cependant d’en observer les sources et ce que révèle cette idéologie du plaisir et de la réussite impulsée par la politique de gestion des ressources humaines. Si cette emprise idéologique conduit souvent le salarié à entretenir un rapport de sens à son travail, ne risque-t-elle pas néanmoins de soumettre parfois le sujet à une emprise psychique ?

La gestion des ressources humaines développe des pratiques de mobilisation des personnes fondées sur la culture d’entreprise depuis environ vingt-cinq ans.

L’analyse sociologique des registres du plaisir au travail :

Selon certaines études sociologiques, la première source de plaisir au travail est le fait «d’avoir des contacts avec », le fait d’entretenir des relations enrichissantes avec autrui qui offrent la possibilité de « s’élever, de découvrir, de rester jeune… ». Dans un esprit proche, la seconde source de plaisir au travail consiste à faire don de soi, à entretenir une relation altruiste. La troisième est celle de l’homo faber qui trouve du plaisir à maîtriser une pratique selon un savoir-faire et une technicité particulière. Enfin, la dernière source de plaisir est «la découverte, l’enrichissement de soi, le sentiment d’en apprendre chaque jour davantage et de découvrir de nouveau aspects de la vie et du monde ». (Baudelot, Gollac, 2003, p.184).
Plaisir et travail :

Prendre du plaisir au travail, tel est le contre-pied délibéré qu’adopte Jacques Forest[1] en montrant comment ce plaisir se cultive. Il s’oppose en cela aux jérémiades trop connues de type «souffrance, souffrance » et apporte des arguments pour développer un état psychologique optimal favorisant le développement personnel, le dépassement de ses limites et un plaisir qui n’exclut pas les efforts.

Le plaisir au travail est un phénomène mal compris et encore trop peu exploré. Dans les écrits académiques et scientifiques, on lui préfère les notions de violence, de harcèlement ou encore celles de souffrance. Ces notions prennent aussi le haut du pavé au niveau de l’opinion publique. Cet attrait pour le côté sombre et obscur de la nature humaine n’a rien d’étonnant en cela que l’être humain a une tendance naturelle, pour sa survie, à régler ses problèmes et ceux qui surgissent dans l’environnement avant de penser à son plaisir. C’est d’ailleurs à ce constat que sont arrivés des chercheurs étasuniens (Baumeister et al, 2001) dans leur article intitulé « Bad Stronger than Good ».

Le plaisir hédonique correspond au plaisir sans égard aux conséquences, alors que le plaisir eudémonique correspond au plaisir responsable. Une section du texte explique plus en détails ces deux perspectives du plaisir.

Comment susciter et favoriser les états psychologiques optimaux ?

– Il est important que les gens se retrouvent dans un travail qui respecte leur personnalité, leurs valeurs et leurs compétences.

– D’offrir opportunités et défi.

– De fournir formation et connaissances.

Puisque le travail occupe 50 % du temps de veille et 75 % de la vie active, garder un équilibre entre le travail et d’autres activités qui procurent du plaisir (passe-temps, sports, activités culturelles, etc), afin d’éviter des problèmes comme l’épuisement professionnel ou la dépression.

Tous les travaux de recherche sur le travail au cours des quarante dernières années ont traité des conséquences du travail sur la santé psychique et somatique des travailleurs, mais rares ont été ceux traitant du plaisir au travail.

Préoccupés légitimement à améliorer les conditions de travail, chercheurs des sciences sociales et syndicalistes ont centré leurs analyses sur le chômage, le harcèlement, l’épuisement professionnel, la pénibilité des tâches, la non-responsabilité dans les actions à mener, en bref la violence organisationnelle.

Lorsque les caractéristiques psychiques des individus rencontreront un environnement professionnel favorisant celles-ci, elles pourront s’épanouir, se développer, avec pour conséquences : le plaisir, l’implication, la satisfaction et l’amour du travail. Lorsque l’environnement professionnel est en contradiction avec ces caractéristiques individuelles, les tâches et relations de travail vont progressivement être vécues comme des sources de tension, de frustration ; pour se protéger, l’individu désinvestira son lieu de travail, il s’ennuiera d’abord, puis commencera à souffrir avant de voir apparaître des troubles psychiques et somatiques. Mais le problème n’est pas aussi clair que le raisonnement veut le laisser entendre : Le plaisir est un état psycho-affectif très complexe.

Une dépendance addictive au travail limite le fonctionnement de l’appareil psychique à un mode d’investissement actif des pulsions.

Le temps inscrit l’être humain dans le Faire, dans la productivité, dans un rythme scandé, alors que les loisirs, les vacances, invitent les êtres à l’immersion progressive dans un univers où temps et espace sont progressivement abolis, où les pulsions et le Désir font leur apparition pour inviter à un mode de vie différent. Certaines personnes n’ont pas accès à cet univers et sont condamnés à l’hyperactivité.

Le plaisir implique plus la réceptivité que l’activité, le plaisir suppose une certaine capacité de régression psychique sans angoisse, le plaisir fait resurgir un fonctionnement psychique dominé par les processus primaires de l’inconscient.

Dans le plaisir, le temps n’existe pas, il n’y a que le présent.

Il ne faut pas sous-estimer également l’érotisation du climat de travail (coexcitation libidinale) liée aux excitations induites par les activités se déroulant dans une atmosphère fébrile. L’excitation sexuelle et l’excitation du travail ont la même alimentation libidinale.

Référence :

Dossier « Le bien-être au travail », Journal des psychologues,Septembre 2004, Mensuel N°220.

[1] Doctorant en psychologie du travail de l’université de Montréal.

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