La personnalité dépendante
Les personnalités dépendantes ont tendance à étouffer leur vie intérieure et à renoncer à leurs besoins réels. Ils cherchent parfois à disparaître dans l’autre et à n’exister qu’en fonction du jugement de l’autre. Une carence affective vécue durant l’enfance serait à l’origine de la dépendance affective. « Lorsque la dépendance est inhérente à la négligence et au manque d’attention de parents eux-mêmes vulnérables, assaillis de soucis ou englués dans une problématique non réglée, l’enfant se sentira constamment inquiet et cherchera une position de dépendance, imaginant y trouver une réelle sécurité. Le sempiternel manque risque de se faire ressentir dans l’ensemble de ses relations. Il acceptera toutes les situations, toutes les humiliations, épousant des rôles dans lesquels il se moulera en fonction des attentes de l’autre, niant ainsi sa propre existence. La peur du rejet et de l’abandon est au cœur de cette problématique. »[1]… « Les personnalités dépendantes étouffent leur vie intérieure et cherchent à disparaître dans l’autre, à se confondre jusqu’à effacer les frontières déjà vacillantes de leur moi, perdant tout contact avec leurs désirs et niant toute envie. N’osant pas solliciter d’attention, elles restent dans une éternelle attente, ignorant la plupart du temps leurs besoins réels, faute d’avoir pu nouer une relation authentique basée sur la parole. »[2] La dépendance interdit précisément toute intimité avec soi- même. La relation à l’autre est utilisée comme moyen de réassurance. Ce sont des personnes qui ne peuvent pas vivre seules car elles ont constamment besoin de quelqu’un pour valider leurs décisions. La décision de consulter est souvent déclenchée par la survenue d’un épisode dépressif ou d’un trouble anxieux. On retrouve souvent chez ces personnes un comportement soumis qui est lié à un besoin excessif d’être pris en charge et apprécié par les autres. Les relations interpersonnelles sont marquées par la soumission, le renoncement à exprimer ses propres désirs et l’effacement devant les autres. Ceci a pour effet de conduire les sujets à se sentir victime d’un système qu’ils qualifient de tyrannique mais qui est un système auquel ils participent en priorité par les comportements décrits précédemment. Ils ont un style enfantin et immature (dénomination par un diminutif, vêtement évoquant l’adolescence attardée). Ils présentent une incapacité à prendre des décisions sans en passer par les autres, et parfois de manière insistante. Cette manière d’agir peut tout aussi bien concerner des domaines importants de la vie du sujet (choix professionnels, familiaux) que des aspects moins importants (choix d’un restaurant, du programme télé etc.). Ils présentent également des difficultés à exprimer un désaccord avec les autres par crainte de perdre leur soutien, voire d’être rejeté. Ce besoin peut les conduire à certains comportements, attitudes incohérentes. Ils sont décrits comme ayant peu d’initiative par manque de confiance en eux. Ils vont souvent accepter d’effectuer des taches déplaisantes. Ce sont des sujets qui vont avant tout essayer de rendre service aux autres, et de combler les désirs des autres avant de réaliser leurs propres désirs. On souligne chez eux une anxiété qui va être massive à chaque fois que des décisions doivent être prises (d’où un besoin de réassurance perpétuel de la part d’autrui).
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