Le mensonge, loin de n’être qu’un simple écart moral, constitue un phénomène psychique complexe, historiquement et théoriquement associé à l’activité mentale et au lien à l’autre. Le mot lui-même, issu du latin mentire et de la racine indo-européenne men, rappelle que mentir concerne avant tout l’esprit, la pensée en acte. Le mensonge est un acte-parlé, c’est-à-dire une parole qui agit, plus qu’elle n’informe.
Le mensonge comme construction de l’espace transitionnel :
W. Winnicott est l’un des auteurs majeurs à avoir conceptualisé le mensonge dans une perspective développementale. Selon lui, lorsqu’un enfant n’a pas pu bénéficier pleinement du stade transitionnel — cet espace intermédiaire entre soi et l’autre qui permet le jeu, l’illusion et la créativité — il peut recourir au mensonge pour tenter de recréer artificiellement cet espace manquant. Le mensonge devient alors un outil psychique de réparation, destiné à rétablir une continuité affective défaillante.
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